Articles

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(175)
Comment penser la suite de l’aventure des Modernes?
2021

Conférence Perelman, Bruxelles, 22 Mars 2021 présidée par Didier Debaise

Abstract
C’est une simple anecdote, mais je la trouve bien intéressante. J’étais à la télévision pour parler d’un livre que j’ai récemment écrit sur la Zone Critique, cette minuscule partie de la planète Terre que l’histoire de la Vie, avec un grand V, a modifié depuis quatre milliards d’années et à l’intérieur de laquelle nous sommes bel et bien enveloppés et pour ainsi dire roulés. Tout en disant son admiration pour mon livre, la journaliste m’avait donné dix minutes et le reste du plateau s’ennuyait gentiment en semblant dire par leur attitude : « Cette zone critique, quand même, ce n’est pas d’un immense intérêt ». Et puis, sans prévenir, la journaliste a enchainé sur le trio de sondes que divers États envoyaient cette semaine-là sur la planète Mars. Alors là, en un éclair, le plateau s’est mis à vibrer de passions multiples ; les journalistes posaient mille questions ; les experts rivalisaient d’informations sur les prouesses techniques ; c’était à qui amoncelait le plus d’antennes ou de rovers ou de spectromètres dernier cri. Avec l’ami géochimiste à qui j’avais demandé de m’accompagner, nous restions tristes et stupéfaits : « Quoi, la planète Mars vous passionne plus que la Zone Critique que vous connaissez pourtant à peine mieux, mais dont vous dépendez totalement ? ». Un peu plus, j’allais accuser la journaliste de m’avoir tendu un piège.
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Anthropologie des modernes, Ecologie, Politique 🔗
(174)
« Adam où es-tu? » Prêcher l'apocalypse à l'époque de l'Anthropocène
2021

Adam où es-tu? » Prêcher l'apocalypse à l'époque de l'Anthropocène (conférence écrite avec Anne-Sophie Breitwiller & Frédéric Louzeau) à l'occasion d'un colloque à l'Institut catholique de Paris, le 22 mars 2021.

Abstract
Étant donné le titre du colloque et l’allusion évidente au trop célèbre article de Lynn White, il nous a paru important de préciser d’emblée comment nous nous situons par rapport à son diagnostic. Bien que White ait eu raison de chercher les responsabilités des églises chrétiennes dans la crise écologique moderne, il a fait l’erreur de projeter dans le passé des conceptions de la matière qui se sont formées entre le 17ème et le 19ème siècle et qui ont en effet justifié l’indifférence à la destruction du monde. Or, ces conceptions de la matière, ce qu’on pourrait appeler la cosmologie des Modernes (au sens que les anthropologues et non les théologiens donnent au mot « cosmologie ») se sont faites largement en conflit avec la religion chrétienne laquelle a au contraire cherché à maintenir sa cosmologie propre à l’abri de ce nouveau matérialisme. Il est donc tout fait inexact d’attribuer une responsabilité à une religion qui cherchait plutôt à se protéger de cette nouvelle occupation de la terre. Est-ce à dire que White a donc eu complètement tort dans son diagnostic ? Hélas non.
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Ecologie, Religion 🔗
(167)
Troubles dans l'engendrement
2019

Revue le Crieur, N°14 Octobre 2019 p. 60-74

Abstract
CM — Je comptais vous interroger sur cette affaire de « système d’engendrement » que vous opposez à la fin du livre au « système de production ». Qu’est-ce qui est en jeu dans ce terme d’après vous ? BL — Vous allez encore vous moquer de mes intuitions, mais je trouve extraordinaire qu’au moment même où tout le monde se plaint de la pagaille des positionnements politiques, de la disparition des partis, du chaos induit par internet, etcetera, les symptômes de cette crise se retrouvent partout, de l’extrême droite à l’extrême gauche, en passant par toutes les nuances intermédiaires. CM — Qui parle d’engendrement ? BL — Tout le monde, pas toujours directement, mais sous forme de symptômes que je trouve extrêmement bien choisis.
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Langue: English
Traducteur: Stephen Muecke
Référence: unpublished

Compositionnisme, Politique 🔗
(165)
La vérifiable image du monde -Sarah Sze avenue du Maine
2019

Catalogue de l'exposition Sarah Sze Fondation Cartier

Abstract
Quand je suis entré dans le studio de Sarah Sze à New York, pour la première fois en octobre 2016, et que je suis tombé, dans une demi-obscurité, sur l’un des immenses prototypes de Time Keeper, je crois avoir ressenti quelque chose de l’émerveillement de l’empereur de Chine devant les mappemondes, images de la terre venues de l’Occident lointain, que le père Matteo Ricci avait déployées devant sa Cour. « Voilà, c’est ici que nous vivons ; c’est comme cela que nous devons comprendre où nous résidons ; enfin une image du monde à la fois réaliste et splendide — dont la beauté vient de son étrange et paradoxale exactitude ». Je crois être resté une bonne heure, totalement silencieux, à me pénétrer de cette œuvre comme si j’assistais à la naissance, non pas de Vénus sortie des eaux, mais de Gaia sortie du néant. Ce multiple scintillement de mondes insérés dans des mondes ne pouvait avoir pour titre, à mes yeux, que celui de « Zone Critique ».
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Ecologie, Histoire de l'art, Histoire des sciences, Visualisation 🔗
(163)
À la recherche de l’hétéronomie politique — les nouveaux cahiers de doléance
2019

Revue Esprit Mars 2019 n°452 pp. 104-113

Abstract
L’occasion du « grand débat national » est trop belle pour qu’on ne s’en saisisse pas pour sortir des ornières où l’on maintient d’habitude les consultations publiques. Le parallèle avec l’épisode prérévolutionnaire de l’écriture des « cahiers de doléance » est à la fois inévitable et trompeur. Pour qu’il soit fécond, il faudrait pouvoir renouer deux fils qui semblent être tout à fait rompus : comment la parole politique peut-elle se remettre en mouvement ? Une fois remise en mouvement, comment pourrait-elle composer la chose publique ? Sans ces deux éléments, tout « débat national » est quelque peu prématuré puisque la France se trouve aux prises, grâce aux « gilets jaunes », à la première grande crise du Nouveau Régime Climatique. On a mis la charrue avant les bœufs en voulant débattre du choix de solutions alors que personne, du haut en bas de l’échelle, n’a la plus petite idée sur comment extraire nos sociétés de l’impasse sociale et écologique dans laquelle elle se trouve placée.
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English translation by Stephen Muecke (unpublished)

Ecologie, Politique 🔗
(161)
Ce cheval ne tient plus dans le cadre’, ou les nouveaux avatars de l’analogisme
2018

‘Ce cheval ne tient plus dans le cadre’, ou les nouveaux avatars de l’analogisme, in , sous la direction de Geremia COMETTI, Pierre LE ROUX, Tiziana MANICONE, Nastassja MARTIN Au seuil de la forêt livre d’hommage à Philippe Descola – l’anthropologie de la nature, Tautem, pp. 573-584

Abstract
Il faut être bien malappris, dans un livre d’hommages à un auteur, pour aller le titiller sur un point de doctrine qui a déjà fait l’objet, depuis trente ans, d’innombrables passes d’armes avec lui — en marchant dans les montagnes d’Espagne, d’Autriche, de Suisse ou en buvant des apéritifs dans la verte campagne de Pomarède. Et pourtant, je ne peux m’empêcher de le harceler à nouveau sur la question du devenir de l’analogisme à la fin du naturalisme.
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Anthropologie des modernes, Compositionnisme, Histoire de l'art 🔗
(159)
Sur une nette inversion du schème de la fin des temps
2018

Revue de sciences religieuses pp.601-617, 107/4 Octobre Décembre, 2019 "Repenser la création à l'âge de l'Anthropocène

Abstract
Si cette figure nouvelle d’une terre qui gémit sous l’action des humains est originale c’est qu’elle est mêlée dans l’encyclique de façon indissoluble au cri des pauvres. Or, deux cents ans après la naissance de ce qu’on pourrait appeler la préoccupation pour l’écologie, et malgré tous les efforts des militants et des penseurs, le lien entre la misère des pauvres et la catastrophe ou la mutation écologique reste toujours bien faible. La question sociale et la question écologique font l’objet d’un embranchement et même d’une contradiction comme s’il fallait toujours avoir à choisir entre l’économie et l’écologie. Alors que dans Laudato Si ! le lien indissoluble entre deux objets nouveaux — le cri de la terre et des pauvres — est l’objet même d’une nouvelle attention apostolique. Nous sommes donc, je crois, tous les trois d’accord, il ne s’agit en rien d’un texte dont on pourrait dire : « Tiens, un pape s’intéresse enfin à la question de la nature ». Non, il s’agit d’une innovation prophétique par laquelle un pape fait advenir une figure nouvelle qui décale l’ancien thème de la nature, partagé jusqu’ici par l’écologisme aussi bien que par ses ennemis, pour en faire le nouvel objet de l’attention des chrétiens : la mère sœur clameur de la terre et des pauvres.
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Unpublished translation in English kindly done by Stephen Muecke
With the added bonus of Ali Gharib's painting of Neo Rauch

Ecologie, Religion 🔗
(140)
À métaphysique, métaphysique et demie. L’Enquête sur les modes d’existence forme-t-elle un système?
2014

« À métaphysique, métaphysique et demie. L’Enquête sur les modes d’existence forme-t-elle un système ? » in « La philosophie française a-t-elle l’esprit de système ? ».
In Les Temps Modernes, Janvier-Mars 682, pp. 72-85, 2015

Abstract
« Entretien avec Carolina Marinda dans le cadre du festival « Puerto de Ideas » à Valparaiso, 9 novembre 2014. » BL— Je suis d’autant plus embarrassé pour vous répondre que moi aussi je suis effrayé, aussi bien par vos questions que par la forme systématique que l’EME a pris au cours de son développement. Comme disait Souriau : « Machine métaphysique, que me veux-tu ? » J’ai peut-être été dévoré ! En tous cas, je vous préviens, je n’ai pas d’idée bien établie sur cette affaire de système. Ma première réaction serait de vous dire : « Non, pas du tout, ce n’est pas un système, c’est le recueil effectué de ce qui m’est tombé empiriquement sous la main pendant plus d’un quart de siècle, mais effectué, c’est vrai, systématiquement ». Est-ce que vous acceptez qu’on puisse travailler systématiquement et pourtant ne pas viser un système ?
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Date: 2015
Langue: anglaise
Traducteur: Stephen Muecke
Titre: “…counter a metaphysical machine with a bigger metaphysical machine.” Does An Inquiry into Modes of Existence have a system ? », unpublished

Modes d'existence 🔗
(135)
L'Anthropocène et la destruction de l'image du Globe
2014

Traduction française par Franck Lemonde de la quatrième conférence Gifford « Facing Gaia-Six Lectures on the Political Theology of Gaia » prononcé en Février 2013, à Edimbourg pour un livre sous la direction de Emilie Hache: De l'univers clos au monde infini, éditions Dehors, Paris, pp.27-54.

Abstract
Ce qui fait de l'Anthropocène un repère clairement détectable bien au-delà de la frontière de la stratigraphie, c’est qu'elle est le concept philosophique, religieux, anthropologique et, comme nous allons le voir, politique le plus pertinent pour échapper aux notions de « Moderne » et de « modernité ». Mais ce qui est encore plus extraordinaire, c'est qu'elle est le produit du cerveau de géologues sérieux, honnêtes et aguerris qui, jusqu'à récemment, avaient été totalement indifférents aux tours et détours des humanités. Aucun philosophe postmoderne, aucun anthropologue, aucun théologien libéral, aucun penseur politique n'aurait osé situer l'influence des humains à la même échelle que les fleuves, les inondations, l'érosion et la biochimie. Au moment même où il devenait à la mode de parler d'une « ère post-humaine » avec l'humeur blasée de ceux qui savent que le temps de l'humain est « dépassé », l' « anthropos » est de retour — et de retour pour se venger — grâce au travail empirique ingrat de ceux que l'on appelait jadis les « naturalistes ». Ce que les divers champs des humanités, malgré leur sophistication, obsédés par la défense de la « dimension humaine » contre « l'empiètement illégitime » de la science et les risques d'une « naturalisation » excessive, ne pouvaient détecter, c'est aux historiens de la nature qu'il revient de le dénicher. En donnant une dimension totalement nouvelle à la notion de « dimension humaine », ce sont eux qui proposent le terme le plus radical qui doit mettre fin à l'anthropocentrisme ainsi qu’aux anciennes formes de naturalisme en mettant soudain au second plan l'agent humain auquel ils offrent pourtant un tout autre rôle.
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Ecologie, Philosophie, Politique 🔗
(134)
« Nous sommes des vaincus »
2014

In Camille Riquier (sous la direction de) Charles Péguy, Paris, Le Cerf, pp. 11-30, 2014.

Abstract
Chacun ouvre Péguy seul. Hélas non, chacun hésite à l’ouvrir parce qu’il faudrait lutter contre trop de mises en garde. Il a contre lui d’avoir été beaucoup trop lu politiquement, religieusement, poétiquement mais jamais philosophiquement. Rien que pour commencer à le lire, quelle pente il faut remonter. Nous avons tous rencontré de grands esprits qui hésitaient à lire Clio parce qu’ils étaient prévenus contre leur auteur ; alors ne parlons même pas d’aider ceux qui acceptent d’ouvrir le livre ; rien que pour éviter qu’ils le referment, il faut déjà mettre le paquet. C’est comme si Nietzsche était encore la proie de sa sœur abusive et de ses avatars hitlériens. Pour Péguy, le travail méticuleux de déminage, d’élucidation, d’interprétation, d’adsorption, de glose et de commentaire, n’a pas eu lieu.
Traductions

Date: 2015
Language: English
Translator: Timothy Howles
Journal: New Literary History, 2015, 46: 41–62

Philosophie 🔗