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(140)
À métaphysique, métaphysique et demie. L’Enquête sur les modes d’existence forme-t-elle un système?
2014

« À métaphysique, métaphysique et demie. L’Enquête sur les modes d’existence forme-t-elle un système ? » in « La philosophie française a-t-elle l’esprit de système ? ».
In Les Temps Modernes, Janvier-Mars 682, pp. 72-85, 2015

Abstract
« Entretien avec Carolina Marinda dans le cadre du festival « Puerto de Ideas » à Valparaiso, 9 novembre 2014. » BL— Je suis d’autant plus embarrassé pour vous répondre que moi aussi je suis effrayé, aussi bien par vos questions que par la forme systématique que l’EME a pris au cours de son développement. Comme disait Souriau : « Machine métaphysique, que me veux-tu ? » J’ai peut-être été dévoré ! En tous cas, je vous préviens, je n’ai pas d’idée bien établie sur cette affaire de système. Ma première réaction serait de vous dire : « Non, pas du tout, ce n’est pas un système, c’est le recueil effectué de ce qui m’est tombé empiriquement sous la main pendant plus d’un quart de siècle, mais effectué, c’est vrai, systématiquement ». Est-ce que vous acceptez qu’on puisse travailler systématiquement et pourtant ne pas viser un système ?
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Date: 2015
Langue: anglaise
Traducteur: Stephen Muecke
Titre: “…counter a metaphysical machine with a bigger metaphysical machine.” Does An Inquiry into Modes of Existence have a system ? », unpublished

Modes d'existence
(135)
L'Anthropocène et la destruction de l'image du Globe
2014

Traduction française par Franck Lemonde de la quatrième conférence Gifford « Facing Gaia-Six Lectures on the Political Theology of Gaia » prononcé en Février 2013, à Edimbourg pour un livre sous la direction de Emilie Hache: De l'univers clos au monde infini, éditions Dehors, Paris, pp.27-54.

Abstract
Ce qui fait de l'Anthropocène un repère clairement détectable bien au-delà de la frontière de la stratigraphie, c’est qu'elle est le concept philosophique, religieux, anthropologique et, comme nous allons le voir, politique le plus pertinent pour échapper aux notions de « Moderne » et de « modernité ». Mais ce qui est encore plus extraordinaire, c'est qu'elle est le produit du cerveau de géologues sérieux, honnêtes et aguerris qui, jusqu'à récemment, avaient été totalement indifférents aux tours et détours des humanités. Aucun philosophe postmoderne, aucun anthropologue, aucun théologien libéral, aucun penseur politique n'aurait osé situer l'influence des humains à la même échelle que les fleuves, les inondations, l'érosion et la biochimie. Au moment même où il devenait à la mode de parler d'une « ère post-humaine » avec l'humeur blasée de ceux qui savent que le temps de l'humain est « dépassé », l' « anthropos » est de retour — et de retour pour se venger — grâce au travail empirique ingrat de ceux que l'on appelait jadis les « naturalistes ». Ce que les divers champs des humanités, malgré leur sophistication, obsédés par la défense de la « dimension humaine » contre « l'empiètement illégitime » de la science et les risques d'une « naturalisation » excessive, ne pouvaient détecter, c'est aux historiens de la nature qu'il revient de le dénicher. En donnant une dimension totalement nouvelle à la notion de « dimension humaine », ce sont eux qui proposent le terme le plus radical qui doit mettre fin à l'anthropocentrisme ainsi qu’aux anciennes formes de naturalisme en mettant soudain au second plan l'agent humain auquel ils offrent pourtant un tout autre rôle.
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Ecologie, Philosophie, Politique
(134)
« Nous sommes des vaincus »
2014

In Camille Riquier (sous la direction de) Charles Péguy, Paris, Le Cerf, pp. 11-30, 2014.

Abstract
Chacun ouvre Péguy seul. Hélas non, chacun hésite à l’ouvrir parce qu’il faudrait lutter contre trop de mises en garde. Il a contre lui d’avoir été beaucoup trop lu politiquement, religieusement, poétiquement mais jamais philosophiquement. Rien que pour commencer à le lire, quelle pente il faut remonter. Nous avons tous rencontré de grands esprits qui hésitaient à lire Clio parce qu’ils étaient prévenus contre leur auteur ; alors ne parlons même pas d’aider ceux qui acceptent d’ouvrir le livre ; rien que pour éviter qu’ils le referment, il faut déjà mettre le paquet. C’est comme si Nietzsche était encore la proie de sa sœur abusive et de ses avatars hitlériens. Pour Péguy, le travail méticuleux de déminage, d’élucidation, d’interprétation, d’adsorption, de glose et de commentaire, n’a pas eu lieu.
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Date: 2015
Language: English
Translator: Timothy Howles
Journal: New Literary History, 2015, 46: 41–62

Philosophie
(127)
Sur le livre de Durkheim "Formes élémentaires de la religion"
2012

"Formes élémentaires de la sociologie; formes avancées de la théologie", Archives de sciences sociales des religions, numéro 167, Juillet-septembre 2014, p. 255-277.

Abstract
Pour célébrer l’héritage de ce classique des classiques, j’ai choisi de l’éclairer par le contraste avec deux auteurs, Gabriel Tarde et William James qui ont mis en cause, de la plus radicale façon, les deux hypothèses de départ sur lesquelles repose l’étonnant projet de Durkheim dans Les Formes élémentaires de la vie religieuse. Avec Tarde, les rapports furent toujours difficiles, on le sait, marquées par un mélange d’irritation réciproque, d’emprunts nombreux et de condescendance ; James, cité plusieurs fois dans les Formes, a reçu, quant à lui, un traitement méticuleux dans le cours que Durkheim a consacré en 1914 au pragmatisme . En prenant la mesure des Formes à partir du principe de Tarde qui suppose la totale pénétrabilité des monades, je voudrais faire ressortir ce qu’a de singulier la définition que donne Durkheim de l’individu et de la société ; en le lisant à partir de la psychologie de James, je voudrais souligner ce qu’a d’improbable la définition d’un individu conçu à la façon de Hume qui ne saisirait de son expérience du monde qu’un nuage de sensations jusqu’à ce que l’imposition de catégories a priori vienne donner sens à son expérience. Puisque Durkheim n’ignorait en rien les positions alternatives de ces deux auteurs et qu’il a choisi de les combattre, il n’est donc pas absurde de faire un peu d’histoire contrefactuelle et d’imaginer ce que seraient devenues les thèses fameuses de Durkheim sur la nature du religieux et sur la genèse de la société, s’il s’en était inspiré.
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Langue: Allemand
Date: 2017
Traducteur: Gustav Rozler
Revue: Soziopolis
Reference: https://soziopolis.de/erinnern/jubilaeen/artikel/elementare-formen-der-soziologie/

Anthropologie des modernes, Religion, Théorie sociologique
(126)
Biographie d'une enquête - à propos d'un livre sur les modes d'existence
2012

(126) « Biographie d’une enquête – à propos d’un livre sur les modes d’existence », (dossier coordonné par Bruno Karsenti); Archives de philosophie, Vol. 75 n° 4 pp. 549-566 (2012).

Abstract
Quand on ne comprend pas pourquoi j’ai changé de terrain sans cesse et qu’on ne voit pas la logique d’ensemble de mes recherches, le commentaire m’amuse car je ne vois pas quel autre auteur a poursuivi si obstinément le même projet de recherche pendant vingt cinq ans, jour après jour, en remplissant le même fichier pour répondre aux mêmes questionnaires. C’est là qu’il peut être utile d’exposer comment j’en suis arrivé à cette forme inhabituelle d’anthropologie philosophique. Non pas pour raconter ma vie —si le système est solide on n’a guère à se préoccuper de son auteur— mais plutôt pour esquisser la biographie de cet argument en l’appuyant sur son histoire. Nul ne saurait s’étonner de la naissance empirique d’une philosophie empirique. Dans cet article je voudrais me livrer à l’exercice contradictoire de raconter l’émergence chaotique d’un argument systématique dont la persistance sur près de trente ans m’étonne moi-même.
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2013
English translation
"Biography of an Inquiry. On a book about Modes of Existence", by Catherine Porter, Social Studies of Science, Vol. 43(2) pp. 287–301

2012
Traduction portugaise
Portuguese translation in a separate booklet par Marcela Vieira « Biografia de uma investigaçao – apropositio de um livro sobre modos de existencia », Editora 34, Sao Paulo, 2012.

Anthropologie des modernes, Modes d'existence, Philosophie
(125)
Désincarcérer les corps
2011

« Désincarcérer les corps » dans Psychiatrie Française, Vol. XXXXIII, 1/12 Juin 2012, p. 23-37. (transcription d’une conférence prononcée à la Journée de l'Association Française de Psychiatrie, La philosophie et la psychiatrie,18.11.2011)

Abstract
Je vais explorer avec vous cette situation, en partant d'un minuscule domaine des sciences sociales que j'appelle l'anthropologie symétrique et qui a pour but d'établir avec les autres collectifs des rapports qui ne soient fondés ni sur la notion de cultures, ni sur celle de nature. Depuis une trentaine d'années, cette anthropologie s'efforce d'éviter d'utiliser le schème Nature/Culture qui a fait beaucoup de ravages en anthropologie et que vous connaissez bien dans votre propre domaine dans la version qui n'est pas moins ravageuse et qui porte le nom de « Mind/Body ». J'utiliserai cette expression en anglais tout au long pour bien marquer qu'il ne s'agit pas là d'une évidence naturelle mais d'une production anthropologique locale et historiquement située qu'il n'y a aucune nécessité de prendre pour argent comptant. Nature/Culture aussi bien que Mind/Body sont deux façons de bloquer toute réflexion sur ce qui arrive quand les êtres du psychisme rencontrent les effets des cures.
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Anthropologie des modernes
(123)
Le tout est toujours plus petit que les parties. Une expérimentation numérique des monades de Gabriel Tarde
2013

«Le tout est toujours plus petit que les parties. Une expérimentation numérique des monades de Gabriel Tarde », Réseaux, Vol. 31, 177, pp. 199-233, 2013 (traduction de l'anglais par par Barbara Binder) avec Pablo Jensen, Tommaso Venturini, Sébastian Grauwin and Dominique Boullier.

The Whole is Always Smaller Than Its Parts’ A Digital Test of Gabriel Tarde’s Monads
Abstract
Cet article vise à démonter que la disponibilité récente de données numériques permet de revisiter la théorie sociale de Gabriel Tarde (1843-1904) qui se passe totalement de notions telles que l’individu ou la société. Notre analyse repose sur l’idée que, tant qu’il était impossible, difficile ou simplement fastidieux d’amasser et de consulter des quantités d’informations liées à des sujets précis, il était logique de traiter les données relatives aux liens sociaux en définissant deux niveaux : un pour l’élément individuel, l’autre pour l’agrégat collectif. Mais dès que l’on suit les individus par le biais de leurs relations (ce que l’on fait généralement dans le cas des profils) il serait plus avantageux de naviguer à travers les fichiers de données sans distinguer le niveau de l’élément individuel de celui de la structure collective. On peut alors accorder une certaine crédibilité à l’étrange notion de « monades » de Tarde. Nous affirmons que c’est justement ce mode de navigation, rendu possible par l’accès aux bases de données numériques, qui permet de modifier la théorie sociologique. Au sens strict du terme, nous ne devrions plus parler de phénomènes collectifs par opposition à des phénomènes individuels, mais seulement d’autant de façons différentes de collecter des phénomènes.
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Gabriel Tarde, Méthodes Quantitatives, Théorie de l'acteur réseau, Théorie sociologique, Visualisation
(122)
Prendre le pli des techniques
2010

Numéro spécial de la revue Réseaux (coordonné par Christian Licoppe) Aout-Septembre, Vol. 28 n°163, 2010

Abstract
A partir de la notion de mode d'existence développée par Gilbert Simondon et surtout par Etienne Souriau, il est possible d'aborder la question de la technique sans se lasser arrêter par la présence excessive de l'un de ses résultats: les objets techniques. On peut alors essayer de définir le mode propre de la technique comme un mouvement, un projet, un plissage, une forme très particulière de transcendance, qui n'a pas reçu en philosophie le traitement que mérite son importance et son ubiquité. La notion d'instauration proposée par Souriau permet de reprendre à nouveau la question de la construction mais délivrée des ambiguités du constructivisme.
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2010: Italien / Italian
« La piega delle tecniche » in I Fogli di Oriss, Numero 31/32, Dicembre 2009

Technologie
(119)
La société comme possession – la preuve par l’orchestre
2009

Chapitre préparé pour un livre de Didier Debaise (sous la direction de) Philosophie des possessions, Presses du Réel, Dijon, 2011, pp. 9-34.

Abstract
« Qu’est-ce que la société ? On pourrait la définir de notre point de vue : la possession réciproque, sous des formes extrêmement variées, de tous par chacun. » p. 85 MONADOLOGIE ET SOCIOLOGIE. Si l’on considère la société telle qu’on la représente usuellement, la phrase est dénuée de sens : ce que je possède, vous ne le possédez sûrement pas puisque ce qui est « à moi » n’est pas « à vous ». C’est même ce qui permet de définir la propriété au sens d’exclusivité. Tarde envisagerait-il une sorte de communisme où nous serions tous, en quelque sorte, les possédants en indivision de toutes les propriétés dans lesquelles nous pourrions puiser en fonction de nos besoins ? Ce qui ferait de chacun de nous les possédés par tous les autres qui pourraient, par un retour à cet état de nature que Hobbes a décrit avec effroi, se saisir à volonté de « nos » biens —lesquels seraient aussi bien « à eux » ?
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2010: Anglais / English
by Liz Libbrecht in Mattei Candea (editor)
(aborted publication)

2017: Portugais/Portuguese
Translator: Pedro Heitor Barros Geraldo
Title: “La Sociedad como posesion – la ‘prueba for la orquestra’”
in Revue Confluências, pp. 159-176, numero 3, 2017

Gabriel Tarde, Théorie sociologique
(118)
Le Sphinx de l’oeuvre
2009

Une introduction à la réédition de Etienne Souriau, Les Différents modes d’existence suivi de « l’œuvre à faire », PUF, pp. 1-75, 2009. Paris [avec Isabelle Stengers]

Abstract
Voici le livre oublié d’un philosophe oublié. Mais pas d’un philosophe maudit créant dans sa mansarde, inconnu de tous, une théorie radicale qui aurait fait l’objet d’une dérision générale avant de connaître un succès tardif. Au contraire, Etienne Souriau (1892-1979) a fait carrière, a connu charges et honneurs, a bénéficié de toutes les récompenses que la République réserve à ses enfants méritants. Et pourtant son nom et son œuvre ont disparu des mémoires, à la manière d’un paquebot, sombrant sur place, sur lequel se serait refermé la mer étale. Tout juste se souvient-on qu’il fut responsable du développement en France de cette branche de la philosophie qu’on appelle l’esthétique.
Traductions

Date: 2016
Langue: Anglais
Traducteur: Erik Beranek & Tim Howles
Titre: « The Sphinx of the Work »
Volume: foreword to Etienne Souriau The Different Modes of Existence, Univocal, Minneapolis, p. 11-94

Modes d'existence